Le Cameroun s’apprête à tester l’appétit des marchés pour la finance durable avec une opération d’environ 692 millions de dollars, soit 400 milliards de FCFA, à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).
Les informations diffusées par Financial Afrik, Demain Afrique et NotreAfrik convergent sur le montant et l’implication de Matha Capital, bien que la forme de l’opération – prêt ou émission – soit encore débattue.
Un prêt à composante ESG, pas une émission obligataire
La note de conjoncture mensuelle de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) du 27 juillet 2026 évoque un prêt de 400 milliards de FCFA, et non une émission, précise NotreAfrik.
Cette distinction est cruciale : un prêt ESG engage l’emprunteur sur l’usage des fonds et le reporting, tandis qu’une émission obligataire implique un placement direct sur les marchés de capitaux.
Un consortium de partenaires pour sécuriser l’opération
Le montage implique Matha Capital, la Banque africaine de développement (BAD), l’African Trade & Investment Development Insurance (ATIDI) et l’Africa Finance Corporation (AFC), selon NotreAfrik.
La présence de ces institutions vise à apporter une garantie de crédit et à rassurer les investisseurs sur la gouvernance du projet, un élément crucial pour le ‘G’ de l’ESG.
Le risque politique, obstacle majeur
Financial Afrik souligne que le risque politique constitue un obstacle potentiel important à la réalisation de cette opération, dans un contexte où l’absence prolongée du président Paul Biya alimente les interrogations.
Depuis le 7 juin 2026, le chef de l’État n’a pas été vu en public, dépassant le(previous record) et créant une incertitude sur la stabilité institutionnelle.
La stratégie d’endettement camerounaise à l’épreuve
Cette opération s’inscrit dans la stratégie d’endettement 2026-2028 du Cameroun, qui a déjà mobilisé 474 milliards de FCFA à l’extérieur, selon la CAA.
L’objectif est de diversifier les sources de financement, réduire le coût de la dette et accéder à des financements durables via des mécanismes de garantie.
Gouvernance ESG : un défi de transparence
Le cadre de financement durable adopté en mars 2025 par le Cameroun prévoit des critères stricts d’éligibilité et un suivi indépendant, mais la mise en œuvre dépendra de la transparence des autorités.
Les marchés attendront des signaux clairs sur la gouvernance avant de s’engager, d’autant que la notation de risque du pays reste fragile.
Sources
Crédit image : Financial Afrik







