Canal de Suez : reprise modérée mais inégale en 2026

Le canal de Suez affiche une reprise modérée en 2026, avec 1 315 navires entre janvier et février 2026, mais le trafic reste inférieur à ses niveaux antérieurs à la crise.

Le canal de Suez affiche une reprise modérée en 2026

Le trafic maritime du canal de Suez connaît des signes de renaissance après une période de perturbations marquée par les conflits régionaux. Selon les données de l’Autorité du canal de Suez (SCA), entre le 1ᵉʳ janvier et le 8 février 2026, 1 315 navires ont transité par la voie d’eau, portant le tonnage net à 56 millions de tonnes et générant 449 millions de dollars de recettes. Ce chiffre représente une hausse d’environ 5,7 % du nombre de navires et de 19 % du volume par rapport à la même période de 2025, où 1 243 navires et 47 millions de tonnes avaient été enregistrés pour 368 millions de dollars.

Cette amélioration s’inscrit dans un contexte complexe. Le détournement d’un pétrolier, le Sibu 1, au large du Yémen, rappelle que la route maritime reliant l’océan Indien à la mer Rouge demeure exposée à des menaces multiples. La reprise s’appuie d’abord sur l’accalmie suite au cessez‑le‑feu à Gaza en octobre 2025, plusieurs compagnies ayant progressivement réexaminé leurs itinéraires après plus de deux ans de détours autour du cap de Bonne‑Espérance. Toutefois, la guerre impliquant l’Iran et la réapparition d’attaques en mer Rouge ont empêché une normalisation complète.

Cette amélioration s’inscrit dans un contexte complexe.

Les opérateurs majeurs relancent leurs lignes

Maersk et Hapag‑Lloyd ont fait le choix de procéder ligne après ligne, après des traversées test et des évaluations de la situation sécuritaire. Maersk a notamment ramené environ un tiers de son trafic habituel sur le corridor mer Rouge‑Suez, avec quatre de ses treize services concernés. Hapag‑Lloyd a également ajusté ses opérations, modifiant plusieurs lignes et reroutant certaines traversées autour du cap de Bonne‑Espérance.

Ces mouvements témoignent d’une adaptation progressive des géants de la logistique. Cependant, la reprise reste inégale. CMA CGM, qui avait effectué quelques passages en décembre 2025 et janvier 2026 avec ses méga porte‑conteneurs, a ajusté certains services et rerouté plusieurs lignes vers le cap de Bonne‑Espérance. De même, le porte‑avions Charles de Gaulle continue d’être utilisé pour des missions militaires, soulignant la dualité des usages du canal.

Les défis persistants : sécurité et congestion portuaire

Malgré ces avancées, le trafic total du canal reste inférieur de 41 % aux niveaux observés avant la crise en mer Rouge. Les ports sont eux‑mêmes confrontés à des contraintes d’infrastructure. Maersk signalait jusqu’à douze jours d’attente à Shanghai et des difficultés sur les terminaux de Jeddah (Arabie saoudite) et Salalah (Oman). Hapag‑Lloyd faisait état d’une forte occupation des terminaux, limitant la capacité d’absorption des navires revenant plus rapidement dans leurs rotations.

La sécurité demeure un facteur clé. Lloyd’s List Intelligence note la persistance de la menace pour la navigation commerciale dans la région, tandis qu’un navire de charge a été frappé au large d’Al Mukha en août 2026. Ces événements rappellent que la reprise n’est pas encore un retour à la normale, mais plutôt une phase d’adaptation continue face à des risques sécuritaires élevés.

Perspectives et indicateurs clés

Selon les données de Mer et Marine, au début de 2026 le trafic maritime du canal montrait des signes de reprise après une période de perturbations. L’Autorité du canal de Suez a relevé que, entre le 1ᵉʳ janvier et le 8 février 2026, 1 315 navires avaient transité, soit le niveau le plus élevé depuis janvier 2024. Par ailleurs, les recettes du canal ont atteint 1,26 milliard de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 13 % par rapport aux trois mois précédents.

Si la situation évolue positivement, elle reste inférieure aux niveaux pré‑crise de 2023, où environ 13 200 passages avaient été enregistrés – soit près de 50 % de moins qu’en 2023. L’année 2024 avait déjà montré une baisse importante, confirmant la fragilité de la reprise. Les acteurs du secteur soulignent que la capacité des terminaux à absorber les navires et la stabilité de la sécurité seront déterminantes pour atteindre un rétablissement complet.

Sources

Crédit image : agenceecofin (general)

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