Une vague exportatrice chinoise de 13,5 millions de tonnes au premier semestre 2026
L’industrie cimentière chinoise a expédié 13,5 millions de tonnes de ciment et de clinker vers l’extérieur au cours des six premiers mois de 2026, selon des statistiques douanières reprises dans les résultats semestriels non audités de China Shanshui Cement Group publiés le 5 août à la Bourse de Hong Kong. Cette poussée repose quasi exclusivement sur le clinker, dont les volumes ont été multipliés par plus de six pour atteindre 9,399 millions de tonnes, tandis que les exportations de ciment fini ont progressé de 53,7 % à 4,1 millions de tonnes, d’après Investir au Cameroun.
Le document, signé par le président du groupe Teng Yongjun, cite explicitement le Cameroun parmi les débouchés de cette vague, aux côtés du Bangladesh, du Ghana, du Myanmar, des Philippines, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Togo et du Guatemala. Shanshui précise toutefois qu’il s’agit de données d’ensemble de l’industrie chinoise, non de ses seules exportations, et ne fournit aucun détail quantitatif ni valorisé par pays de destination.
Le Cameroun dans le viseur des exportateurs chinois
La présence du Cameroun dans cette liste confirme l’intérêt croissant des producteurs chinois pour le marché camerounais, déjà identifié comme un débouché structurel. Le média en ligne Ecomatin indiquait par ailleurs, dans un titre récent, que les importations camerounaises de clinker auraient atteint 2,5 millions de tonnes en 2024, signalant une dépendance déjà marquée avant cette accélération 2026.
Cette convergence entre l’offre chinoise excédentaire et la demande camerounaise s’explique par un déficit de capacité de production locale de clinker, qui oblige les cimenteries nationales à s’approvisionner à l’international pour alimenter leurs broyeurs.
Une industrie chinoise en crise structurelle qui bascule vers l’export
L’offensive extérieure s’appuie sur un reflux inédit du marché domestique chinois. Le Bureau national des statistiques de Chine fait état d’une production nationale de ciment tombée à 735,85 millions de tonnes au premier semestre 2026, en baisse de 8 % sur un an, soit le plus bas niveau pour une période comparable depuis près de dix-sept ans.
China Shanshui Cement Group décrit un secteur confronté à une « forte baisse de la demande, une offre non maîtrisée, des prix au plus bas et un basculement vers les pertes d’exploitation ». Le prix moyen du ciment P.O 42.5 en vrac s’est établi à 334 yuans la tonne, en recul de près de 14 % sur un an. Le ratio de stocks sur capacités a atteint 64,5 %, en hausse de quatre points, et environ 60 % des entreprises du secteur enregistreraient des pertes, pour un déficit cumulé estimé entre 2 et 3 milliards de yuans, selon les estimations du groupe reprises par Investir au Cameroun.
Des volumes camerounais encore opaques
Si la liste de Shanshui établit la présence du Cameroun parmi les destinations, elle ne permet pas de quantifier la part réelle des flux chinois dans les approvisionnements du pays. Aucune ventilation par pays, ni distinction entre ciment et clinker, ni valeur financière ne sont fournies. Le Cameroun figure aux côtés de marchés comme le Bangladesh ou les Philippines, dont les volumes d’importation sont structurellement plus massifs.
Cette opacité statistique rend difficile l’évaluation de l’impact sur la balance commerciale camerounaise et sur la compétitivité des producteurs locaux, notamment Cimencam (LafargeHolcim) et Dangote Cement, qui opèrent des unités de broyage et de production intégrée sur le territoire.
Une dépendance aux importations qui se confirme
Le chiffre de 2,5 millions de tonnes de clinker importé en 2024, avancé par Ecomatin, suggère que la demande camerounaise pour cette matière première intermédiaire reste soutenue. L’accélération des exportations chinoises au premier semestre 2026 pourrait accentuer cette tendance, offrant aux cimenteries locales un approvisionnement potentiellement plus compétitif sur
Sources
Crédit image : Investir au Cameroun







