Validation de l’accord de restructuration par le Comité des créanciers officiels
Selon Ecofin (source 1) et d’après Reuters (source 2), le Comité des créanciers officiels (OCC), coprésidé par la France et la Chine, a validé l’accord de principe conclu en juin, estimant qu’il respecte le principe de « comparabilité de traitement » qui impose un traitement équivalent entre créanciers privés et publics.
Cette validation permet à Addis-Abeba de progresser vers la mise en œuvre formelle de l’accord, qui doit encore être approuvée par les détenteurs de l’obligation, et marque une étape clé pour sortir du défaut souverain.
Détails du compromis et mécanismes de la nouvelle obligation
Le compromis prévoit l’échange de l’eurobond initial de 1 milliard de dollars contre une nouvelle obligation d’une valeur nominale de 880 millions, soit une réduction de 12 % du principal, avec un coupon de 6,15 % et un échéancier de remboursement entre juillet 2026 et juillet 2029, selon Ecofin.
Le texte inclut également le paiement intégral de 99,4 millions de dollars des coupons impayés, une commission de consentement de 0,5 % du montant nominal initial et un « work fee », comme le détaille Ecofin.
Le « New Money Warrant » et les risques de comparabilité
Le « New Money Warrant » confère aux obligataires la possibilité d’acquérir jusqu’à 1 milliard de dollars d’un futur eurobond à taux du marché, avec une option de règlement en espèces plafonnée à 90 millions, selon Ecofin et Reuters.
Le OCC avertit que cet instrument pourrait créer un traitement plus favorable pour les créanciers privés que pour les créanciers publics, compromettant le principe de comparabilité et entraînant, le cas échéant, des ajustements de la part des créanciers bilatéraux, d’après Reuters. Cette divergence par rapport à la proposition initiale de janvier 2026, qui prévoyait un instrument de récupération de valeur lié aux exportations et était qualifiée de « très faible effort de restructuration » par les créanciers officiels, est rapportée par Reuters (source 3).
Contexte du Cadre Commun du G20 et implications pour l’économie éthiopienne
L’opération s’inscrit dans le cadre du Common Framework du G20, initié pendant la pandémie de COVID‑19 pour faciliter les restructurations de dette, et constitue le dernier pays encore engagé dans ce processus après le défaut du Ghana et de la Zambie, selon Reuters.
Le désaccord initial entre les créanciers officiels et les bondholders, ainsi que les divisions entre les lenders occidentaux, la Chine et les investisseurs privés, ont ralenti le processus, comme le souligne Ecofin.
Perspectives et prochaines étapes
Le comité ad hoc des bondholders, représentant 45 % des investisseurs, doit toujours approuver le texte avant son entrée en vigueur, et le ministère des Finances éthiopien a indiqué qu’il reprendrait les discussions si nécessaire, d’après Reuters et Ecofin.
Si le OCC juge que le warrant crée un déséquilibre, les créanciers bilatéraux pourraient être contraints de réviser leurs conditions, ce qui relancerait les négociations et retarderait la sortie de défaut, selon les deux sources.
Sources
Crédit image : agenceecofin (general)







