Un potentiel solaire inexploré
Somalie, pays d’une lumière solaire quasi inépuisable, voit ses habitants payer entre 70 cents et 1 dollar par kilowattheure, soit dix fois le tarif américain, selon Jon Bellish, directeur exécutif de Shuraako Capital. Cette disparité crée une niche pour les projets photovoltaïques à grande échelle, notamment dans les zones rurales où l’accès au réseau reste limité.
Bellish souligne que les coûts élevés de l’électricité incitent les entreprises locales à envisager des solutions d’autoconsommation. Les investisseurs étrangers, quant à eux, peuvent profiter d’incitations fiscales mises en place par le gouvernement somalien pour attirer les technologies propres.
La pêche, un trésor sous-exploité
Avec la plus longue côte continentale d’Afrique, les eaux somaliennes recèlent un potentiel de pêche énorme. Bellish explique que l’insécurité et la fragmentation administrative ont freiné la mise en place de licences de pêche, laissant les ressources sous-exploitées. Il voit une opportunité pour les entreprises de transformer le poisson, notamment le thon, en produits de qualité sashimi à exporter vers l’Asie de l’Est et l’Europe.
Le manque de certifications sanitaires constitue un frein majeur. Bellish note que les entreprises locales possèdent les compétences techniques mais sont bloquées par l’absence de cadres réglementaires, ce qui les oblige à vendre à des intermédiaires omanais qui revendent à des prix 10 à 15 fois supérieurs.
La fabrication locale, un levier de diversification
Le pays importe près de 90 % de ses biens de consommation, créant une demande pour des produits fabriqués localement. Al‑Hayaat Personal Care, soutenue par Shuraako, illustre cette tendance en produisant des shampoings et détergents à moindre coût. Selon Bellish, la réussite de telles entreprises dépendra d’une réforme industrielle visant à aligner les politiques sur les besoins des fabricants plutôt que sur ceux des commerçants.
Le gouvernement somalien a récemment annoncé des mesures pour simplifier les procédures d’enregistrement et offrir des incitations aux PME. Ces initiatives, combinées à un cadre réglementaire plus favorable, pourraient accélérer la montée en puissance de la production locale.
Perspectives d’investissement et défis réglementaires
Les sources officielles, notamment le site du ministère des Affaires étrangères, mettent en avant la volonté du pays de renforcer les relations commerciales et d’attirer les investissements étrangers. Cependant, les investisseurs doivent rester vigilants face aux risques politiques et aux infrastructures limitées.
En conclusion, les secteurs de l’énergie solaire, de la pêche et de la fabrication locale représentent des opportunités attractives pour les investisseurs cherchant à diversifier leurs portefeuilles en Afrique de l’Est, à condition de naviguer avec prudence dans le paysage réglementaire somalien.
Sources
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