Un départ qui marque la fin d’une ère pour le gaz camerounais

Un départ qui marque la fin d’une ère pour le gaz camerounais Le navire flottant Hilli Episeyo, opéré par Golar LNG, a quitté les eaux camerounaises le 4 août 2026 après huit années de service…

Un départ qui marque la fin d’une ère pour le gaz camerounais

Le navire flottant Hilli Episeyo, opéré par Golar LNG, a quitté les eaux camerounaises le 4 août 2026 après huit années de service continu au large de Kribi, mettant fin à la seule unité de liquéfaction de gaz naturel du pays (journalducameroun, sikafinance). Produisant en moyenne 1,2 million de tonnes de GNL par an avec une disponibilité de 100 %, le Hilli était le débouché unique permettant d’exporter le gaz associé aux champs offshore (rfi).

Cette sortie survient alors que les projections anticipent une contraction de 24,6 % de l’activité pétrolière et gazière en 2027, principalement en raison de la baisse de la production gazière nationale (journalducameroun).

Le gaz représente entre 250 et 300 milliards de francs CFA par an, soit la moitié du chiffre d’affaires de la Société nationale des hydrocarbures

Conséquences économiques : chute prévue de 24,6 % de l’activité pétrolière et gazière

Le gaz représente entre 250 et 300 milliards de francs CFA par an, soit la moitié du chiffre d’affaires de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), selon les observations de RFI (rfi). La perte de 1,2 million de tonnes de GNL annuellement équivaudrait à une diminution substantielle des recettes d’exportation et à un risque accru de torchage du gaz non valorisé (journalducameroun).

Le recul de 24,6 % prévu pour 2027, couplé à la diminution de 17 % des importations alimentaires constatée par l’INS, accentue le déséquilibre commercial et met en tension la capacité du budget à faire face à ses obligations (journalducameroun, rfi).

Réponse gouvernementale et recherche d’alternatives

À ce jour, le gouvernement n’a pas communiqué de stratégie claire pour remplacer l’unité disparue, laissant le pays sans plan de secours pour sécuriser les revenus de l’État et éviter le torchage du gaz issu des champs pétroliers (journalducameroun). Les experts soulignent que le départ du Hilli pose la question de la souveraineté énergétique, le Cameroun disposant de réserves importantes mais manquant d’infrastructures permanentes de transformation et d’exportation (rfi).

Golar LNG a indiqué rester ouvert à une nouvelle collaboration avec la SNH et Perenco, suggérant la possibilité d’un futur projet de liquéfaction, que ce soit via une nouvelle unité flottante ou un projet terrestre (sikafinance).

Perspectives d’avenir : projets terrestres et partenariats possibles

Le ministère des Finances prévoit dans son programme économique 2027‑2029 une reprise à partir de 2028, avec l’entrée en production de nouveaux champs dans les bassins de Rio del Rey et Douala‑Kribi‑Campo, où cinq blocs ont déjà été attribués après la négociation de contrats de partage (journalducameroun). Ces développements pourraient permettre la mise en place d’infrastructures de liquéfaction terrestre ou l’appel d’offres pour un nouveau navire flottant, assurant ainsi la continuité de l’exportation de gaz (rfi).

En attendant, le vide laissé par le Hilli pèse déjà sur les prévisions budgétaires 2027 et rappelle l’urgence d’investir pour exploiter pleinement le potentiel gazier du Cameroun (journalducameroun, rfi).

Enjeux de souveraineté énergétique et implications budgétaires

Le départ du Hilli souligne la fragilité de la souveraineté énergétique du Cameroun, qui possède d’importantes réserves de gaz mais manque d’infrastructures permanentes pour les transformer et les exportar de façon continue (journalducameroun, rfi). Sans chaîne de liquéfaction intégrée, l’État risque de perdre non seulement des recettes d’exportation, mais aussi la capacité à valoriser le gaz associé qui alimente actuellement les marchés domestiques (rfi).

Financièrement, la perte de 250 à 300 milliards de francs CFA par année du secteur gazier met en pression le budget 2026, déjà contraint par le endettement et une faible collecte fiscale, et pourrait obliger le gouvernement à recourir à davantage d’emprunts ou à réduire les dépenses publiques (rfi, journalducameroun).

Sources

Crédit image : RFI

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