Le « Bome François » fait rage au Cameroun, non pas parce qu’il soit un véritable remède, mais parce qu’un faux certificat allemand a été diffusé sur les réseaux sociaux, promettant une guérison miracle contre le cancer. Cette rumeur, qui circule depuis plusieurs jours, repose sur un document officiel supposé émaner du Bundesministerium für Gesundheit, le ministère fédéral allemand de la Santé.
Un document truffé d’incohérences
L’analyse du certificat révèle immédiatement des anomalies majeures. La orthographe « Deutshe » au lieu de « Deutsche » constitue déjà un signal d’alarme, car une administration allemande ne commetrait pas une telle erreur sur un document officiel. Le texte cite également l’ANSM, agence française, alors que le BfArM, institut allemand des médicaments, apparaît à côté d’une entité inexistante, la « Direction européenne pour la qualité des médicaments ».
Selon Laurent Diby, journaliste économique pour 237online, ces incohérences sont systématiques : le nom « Herr Excellence Ekoto Bauträger », un titre honorifique allemand collé à un nom qui semble artificiellement construit, soulève des interrogations sur l’origine réelle du document. Ces éléments suggèrent une fabrication délibérée visant à légitimer un produit médical sans fondement scientifique.
Une manipulation qui joue sur la détresse
Ce genre de faux document n’est pas nouveau au Cameroun, où des produits de médecine traditionnelle sont régulièrement accompagnés de labels européens prétendant leur donner une caution scientifique qu’ils n’ont pas. Présenter un remède comme validé contre le cancer sans étude clinique publiée constitue une tromperie potentiellement dangereuse, selon Diby, qui souligne que cela pourrait pousser des patients fragilisés à abandonner des traitements efficaces.
Les autorités camerounaises doivent s’autosaisir de cette situation, comme le rappelle l’article, afin d’empêcher la propagation de tels escroqueries. La confiance des populations dans les soins médicaux est mise à mal par ces pratiques, et les instances de régulation pharmaceutique ont un rôle crucial à jouer pour vérifier l’authenticité des documents et des produits.
Des répercussions au-delà du Camérobon
Cette affaire illustre un phénomène plus large : la circulation de faux certificats médicaux dans les pays africains, souvent exploitant la méconnaissance des procédures réglementaires. Les institutions comme le BfArM ou l’ANSM, mentionnés dans le document falsifié, font partie d’un système international de contrôle des médicaments, mais leur crédibilité est mise à l’épreuve lorsque des acteurs non autorisés tentent de contourner ces garde-fous.
La couverture croisée entre 237online et Collector News confirme l’ampleur du sujet, tandis que RFI rapporte que le Bome François reste « très populaire » au Cameroun malgré l’absence de preuves scientifiques solides. Ce cas met en lumière la nécessité d’un renforcement des mécanismes de vérification des documents médicaux et d’une meilleure formation des professionnels de santé aux risques de contrefaçon.
Sources
Crédit image : 237online







