Xénophobie grandissante en Afrique du Sud : un bilan humain et diplomatique
Depuis le début de l’année 2026, les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud, plongeant de nombreuses communautés étrangères dans une peur grandissante. La BBC rapporte que la tension monte dans plusieurs grandes villes du pays, entre manifestations anti-immigration, violences et intimidations, tandis que France 24 indique qu’environ 50 000 migrants ont quitté le pays ces dernières semaines. Philippe Gervais-Lambony, professeur émérite à l’Université Paris Nanterre, analyse pour France 24 les racines profondes de cette poussée xénophobe, trente ans après la naissance de la « nation arc-en-ciel ».
Les violences ne sont pas nouvelles : la BBC rappelle que des ressortissants nigérians, congolais, zimbabwéens subissent régulièrement des attaques, parfois mortelles, dans plusieurs villes sud-africaines. Cette récurrentité crée un climat d’insécurité chronique pour les étrangers, exacerbé par des contextes économiques locaux qui trouvent dans les migrants des boucs émissaires pratiques.
Roméo Katompa : le déclencheur immédiat du boycott MTN
La mort du boxeur congolais Roméo Katompa, brûlé vif à Johannesburg dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, est devenue l’étincelle qui a ravivé l’appel au boycott de MTN Cameroun. Selon 237online, Katompa était sparring-partner de l’ancien champion du monde WBC Junior Makabu, et son meurtre a immédiatement été rattaché aux tensions xénophobes dans le pays. L’argument avancé est simple : l’Afrique du Sud laisse ses citoyens commettre des violences contre des Africains venus d’ailleurs, tout en bénéficiant du marché financier et technologique du continent.
Dans ce contexte, MTN, géant sud-africain des télécommunications, est pointé du doigt. L’opérateur revendique plusieurs millions d’abonnés au Cameroun seul, et chaque financement client finit, pour l’essentiel, dans les caisses d’un État qui peine à protéger les étrangers sur son sol, selon le même quotidien en ligne.
MTN Cameroun : l’empreinte économique d’un groupe sud-africain
Au Cameroun, MTN pèse lourd sur le marché des télécoms, avec une base clientèle massive qui génère des revenus substantiels qui quittent le pays. Selon 237online, le chiffre d’affaires annuel de MTN au Cameroun représente une part non négligeable des recettes du secteur, rendant l’opérateur sud-africain indispensable à l’infrastructure numérique du pays. Le boycott, s’il se généralisait, toucherait directement ces revenus, envoyant un signal économique fort à Johannesbourg.
Toutefois, les observateurs soulignent que ce poids économique n’est pas sans conséquence pour les consommateurs camerounais, qui peinent parfois à trouver des alternatives stables et coûteuses, Orange et Camtel étant les autres grands opérateurs du pays, selon les mêmes sources.
Un boycott consommateur comme réponse politique ?
L’idée de boycotter MTN Cameroun pour protester contre les violences xénophobes en Afrique du Sud divise. Pour certains, selon 237online, c’est une manière concrète de faire comprendre que la solidarité panafricaine ne se limite pas aux communiqués officiels et aux minutes de silence. Changer d’opérateur, privilégier Orange ou Camtel, serait un geste symbolique mais aussi économique réel.
D’autres estiment, selon le contexte rapporté par France 24 et la BBC, que la diplomatie africaine a jusqu’ici échoué à freiner les vagues de xénophobie, et que le portefeuille des consommateurs pourrait réussir là où les discours ont échoué. Le risque toutefois est de pénaliser les employés et sous-traitants locaux de MTN Cameroun, innocents des politiques sud-africaines, soulignent plusieurs analysts citées par la BBC.
Vers une solidarité panafricaine économique ?
Au-delà du cas MTN, les sources convergent sur un point : les violations des droits des migrants et les violences xénophobes en Afrique du Sud ont des répercussions sur toute la région CEMAC et au-delà. La BBC rapporte que plus
Sources
Crédit image : 237online







