L’enjeu stratégique de l’énergie au Cameroun

L’article traite de l’intervention de l’État camerounais dans la prise de contrôle de Globeleq, opérateur des centrales de Kribi et Dibamba, avec 56 % des parts à racheter selon Financial Afrik et Forbes Afrique.

L’enjeu stratégique de l’énergie au Cameroun

Le secteur électrique constitue un pilier fondamental du développement économique du Cameroun, où la production d’électricité représente un levier essentiel pour soutenir l’industrie, l’agriculture et la croissance urbaine. Dans ce contexte, l’intervention de l’État dans la gestion des infrastructures énergétiques s’impose comme une priorité nationale. La prise de contrôle partielle d’un opérateur majeur permet non seulement de sécuriser l’investissement dans les nouvelles capacités de production, mais aussi de renforcer la souveraineté énergétique du pays face aux fluctuations du marché international.

Globeleq : acteur clé du parc électrique camerounien

Globeleq est l’une des entreprises privées les plus influentes du secteur énergétique camerounien, gérant notamment les centrales de Kribi et Dibamba. Ces installations jouent un rôle déterminant dans la production d’électricité pour le réseau national, contribuant significativement à la capacité de génération du pays. L’entreprise, fondée initialement par des investisseurs internationaux, a connu une évolution notable depuis ses débuts, devenant un acteur incontournable de l’infrastructure énergétique camerounienne. Sa présence à Kribi et Dibamba lui confère un accès privilégié aux ressources naturelles et aux chaînes de transport nécessaires à l’exploitation efficace de ses centrales thermiques.

Une prise de contrôle majoritaire par l'État permettrait d'assurer des investissements à long terme dans les modernisations des centrales de Kribi et Dibamba, ainsi que de développer de nouveaux projets d'énergie renouvelable.

Les négociations entre l’État et Globeleq

Depuis mi-août 2026, le gouvernement camerounais a lancé des discussions formelles visant à racheter 56 % des parts de Globeleq, ce qui lui donnerait une majorité qualifiée dans la société. Cette démarche s’inscrit dans une logique de renforcement de la maîtrise publique sur les actifs stratégiques du pays. Les négociations portent sur les conditions financières de la cession, ainsi que sur les modalités de transition pour les employés et les partenaires commerciaux de l’opérateur. Selon le reportage de Financial Afrik daté du 10 août 2026, l’État camerounais cherche à inverser une tendance précédente où Globeleq était principalement détenue par des actionnaires étrangers, soulignant ainsi une volonté de recentraliser le contrôle des infrastructures critiques.

Conséquences potentielles pour le secteur électrique

Si l’accord de rachat aboutit, il pourrait entraîner des changements substantiels dans la gouvernance de Globeleq et, par extension, dans la production d’électricité au Cameroun. Une prise de contrôle majoritaire par l’État permettrait d’assurer des investissements à long terme dans les modernisations des centrales de Kribi et Dibamba, ainsi que de développer de nouveaux projets d’énergie renouvelable. Cependant, cette évolution soulève également des questions concernant la rentabilité des activités privées et la concurrence future. Les analystes soulignent que le maintien d’un équilibre entre contrôle public et performance privée reste crucial pour garantir la stabilité du réseau électrique et la fiabilité de l’approvisionnement énergétique pour les ménages et les industries.

Perspectives réglementaires et gouvernance

Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large de réorientation des politiques économiques camerounaises vers une plus grande implication de l’État dans les secteurs stratégiques. Les autorités ont déjà pris d’autres mesures similaires dans le domaine de l’énergie, comme le rapporte Forbes Afrique le 11 août 2026, indiquant que le gouvernement est actif dans la reprise de contrôles sur des infrastructures clés. La décision de racheter les parts de Globeleq reflète une approche pragmatique visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique tout en préservant des partenariats commerciaux existants. À l’avenir, la mise en place d’un cadre réglementaire clair pour les sociétés d’État opérant dans le secteur électrique sera essentielle pour éviter les conflits d’intérêts et garantir une gestion transparente des actifs nationaux.

Sources

Crédit image : financialafrik

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