En juillet 2026, le Cameroun a exporté 20 577 tonnes de bananes, soit une hausse de 34,1 % par rapport aux 15 336 tonnes enregistrées un an auparavant, selon les données de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam) reprises par les trois sources consultées 123. Cette progression confirme le dynamisme renouvelé de la filière bananière, qui s’inscrit dans une tendance haussière observée depuis plusieurs années.
En 2025, les ventes internationales de bananes ont généré 67,7 milliards de FCFA** pour l’État camerounais, en hausse de 84,7 %** sur un an, d’après l’Institut national de la statistique (INS) 123. Ce chiffre place la banane parmi les principales sources de devises du pays, contribuant significativement au solde de la balance commerciale.
Les performances contrastées des producteurs privés
La croissance la plus marquée provient de la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM), deuxième filiale camerounaise du groupe français Compagnie fruitière de Marseille. Selon Assobacam, ses exportations ont presque doublé, passant de 1 685 tonnes en juillet 2025 à 3 313 tonnes en juillet 2026, soit une hausse de 96,6 %** (+1 628 tonnes) 123.
Plantations du Haut Penja (PHP), principal producteur national et première filiale de Compagnie fruitière, a expédié 13 577 tonnes, en hausse de 33 %** (+3 369 tonnes) par rapport aux 10 208 tonnes de juillet 2025 123. Ensemble, les deux entités de Compagnie fruitière ont assuré 16 870 tonnes, représentant 82 %** du total des exportations camerounaises de bananes pour le mois 123.
Le rôle stabilisateur de la CDC, opérateur public
Les 18 % restants reviennent à la Cameroon Development Corporation (CDC), unique opérateur public et seul producteur à capitaux nationaux depuis le rachat, en 2025, des actifs de Boh Plantations PLC par les filiales de Compagnie fruitière 123. La CDC a exporté 3 687 tonnes en juillet 2026, en progression de 7 %** (+244 tonnes) par rapport à juillet 2025 123.
En tant que deuxième employeur du pays après l’administration publique, la CDC joue un rôle clé dans le maintien de l’activité et de l’emploi dans le secteur bananier, tout en assurant une présence nationale dans un marché largement dominé par des capitaux étrangers 123.
Enjeux et perspectives pour la filière bananière camerounaise
La banane demeure l’un des principaux pourvoyeurs de devises du Cameroun, contribuant à la création d’emplois et à l’apport de recettes d’exportation stratégiques 123. La performance de juillet 2026 s’inscrit dans une dynamique positive qui pourrait attirer davantage d’investissements dans la modernisation des plantations, la logistique et les infrastructures de stockage.
En contraste, le voisin nigérian produit environ huit millions de tonnes de bananes annuellement, mais presque l’intégralité est consommée sur le marché intérieur, laissant le pays à l’écart du marché mondial estimé à 147,82 milliards de dollars** et projeté à atteindre 183 milliards de dollars** d’ici 2031 2. Cette disparité souligne l’importance d’améliorer les chaînes de valeur, de réduire les pertes post‑récolte et de développer des capacités de stockage à froid pour permettre au Cameroun de renforcer sa position et d’encourager d’autres pays de la région à suivre son exemple.
Sources
Crédit image : businessincameroon







