L’Éthiopie mise sur le nucléaire pour transformer son économie d’ici 2036

L’Éthiopie dévoile sa feuille de route pour le nucléaire civil d’ici 2036, s’appuyant sur un partenariat stratégique avec la Russie et un équilibre diplomatique avec Washington pour soutenir son industrialisation.

L’ambition nucléaire de l’Éthiopie : un levier de croissance et de souveraineté énergétique

L’Éthiopie franchit une étape décisive dans sa stratégie de développement énergétique. Le Premier ministre Abiy Ahmed a récemment dévoilé la feuille de route du pays pour la mise en place d’infrastructures nucléaires, un projet conçu pour répondre à une demande croissante en énergie fiable, propre et modulable. Selon l’agence d’information officielle ENA, ce programme vise à soutenir l’industrialisation rapide du pays et à renforcer la sécurité alimentaire, tout en optimisant la gestion des ressources en eau.

Bien que l’Éthiopie soit déjà un acteur majeur des énergies renouvelables grâce à l’hydroélectricité — avec le barrage de la Renaissance (GERD) comme symbole de cette détermination — le gouvernement estime que le solaire et l’éolien ne suffiront pas à couvrir les besoins futurs. Pour le Premier ministre, le nucléaire est l’outil stratégique nécessaire pour transformer l’économie nationale et permettre au pays de devenir un acteur clé de l’intelligence artificielle et de l’innovation industrielle.

Le nucléaire est l'outil stratégique nécessaire pour transformer l'économie nationale et permettre au pays de devenir un acteur clé de l'intelligence artificielle et de l'innovation industrielle.

Une coopération internationale stratégique entre Moscou et Washington

Le déploiement de ce programme nucléaire civil place l’Éthiopie au centre d’un positionnement diplomatique complexe. D’après Agence Ecofin, le pays s’appuie sur un équilibre stratégique entre deux grandes puissances : la Russie et les États-Unis. Cette dualité illustre l’enjeu géopolitique de la maîtrise de la technologie nucléaire civile, secteur où la compétition entre les grandes puissances mondiales est particulièrement intense.

D’après l’agence ENA, l’Éthiopie a déjà entamé des étapes concrètes en développant une feuille de route en partenariat avec la Fédération de Russie. La coopération avec Moscou se renforce notamment lors de forums internationaux comme la « World Atomic Week » à Moscou, où le Premier ministre a salué l’expertise russe pour inspirer le modèle éthiopien. Cette alliance permettrait de combiner le savoir-faire technologique russe avec la main-d’œuvre qualifiée et le marché en pleine expansion de l’Éthiopie.

Horizon 2036 : vers une autonomie technologique et scientifique

L’échéance est claire : l’Éthiopie ambitionne de construire sa première centrale nucléaire d’ici 2036, selon les analyses relayées par Ecomnews Afrique. Ce calendrier ambitieux s’inscrit dans une volonté de bâtir une infrastructure alignée sur les standards internationaux de sécurité les plus stricts, tout en renforçant les capacités locales de formation.

Au-delà de la simple production d’électricité, le programme nucléaire éthiopien est perçu comme un accélérateur de développement humain. Selon le Premier ministre Abiy Ahmed, cette technologie doit fournir des outils de pointe aux agriculteurs, améliorer les capacités de diagnostic médical et offrir de nouvelles opportunités académiques aux étudiants éthiopiens, consolidant ainsi le tissu scientifique du pays pour les décennies à venir.

Sources

Crédit image : agenceecofin

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