Le retour à l’AGOA, priorité stratégique du Cameroun pour le dialogue économique avec les États-Unis
Le gouvernement camerounais a placé son retour dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) au cœur de ses priorités pour le dialogue économique bilatéral prévu le 27 août prochain à Yaoundé. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a exposé ces priorités lors d’une séance de travail tenue le 10 août avec John G. Robinson, Chargé d’Affaires à l’ambassade des États-Unis à Yaoundé.
Selon Business in Cameroon, ce dialogue, initié par Washington, vise à identifier les attentes et les priorités commerciales du Cameroun. Les discussions devraient se concentrer sur trois axes majeurs : l’amélioration du climat des affaires, l’identification des opportunités commerciales et l’exploration de nouvelles opportunités d’investissement.
Vers une coopération accrue dans les secteurs technologiques et miniers
Le volet technologique est fortement marqué par l’intérêt pour la fintech et l’intelligence artificielle. D’après HCN Times, l’intelligence artificielle est l’un des domaines pour lesquels le Cameroun a proposé une coopération, tandis que la technologie et la fintech figurent parmi les secteurs identifiés par la partie américaine pour les discussions à venir.
Outre ces secteurs de pointe, les discussions devraient également porter sur le secteur minier. Les deux nations cherchent par ailleurs à favoriser une participation plus accrue du secteur privé dans leurs relations économiques bilatérales, conformément aux objectifs de modernisation des échanges.
Infrastructures de qualité et nouvelle bourse des matières premières
Au-delà des enjeux d’accès au marché, le Cameroun sollicite l’appui des États-Unis pour le développement d’infrastructures de soutien à l’exportation. Le ministère du Commerce a notamment présenté un projet de construction d’un laboratoire de normalisation et de qualité. Cet établissement est destiné à renforcer les capacités nationales en matière de contrôle des produits, de certification et de conformité aux normes internationales, facilitant ainsi l’accès des entreprises locales aux marchés mondiaux.
Un autre projet d’envergure a été soumis : la création d’une bourse des matières premières. Selon le ministère du Commerce, l’étude de faisabilité est déjà terminée. Cette plateforme est conçue pour connecter l’offre et la demande, offrant aux producteurs un accès direct aux informations sur les prix et les mouvements du marché, tout en améliorant la transparence des transactions commerciales.
L’enjeu crucial de l’éligibilité AGOA
Le retour à l’AGOA demeure le défi majeur pour Yaoundé. Le Cameroun est inéligible au programme de préférences commerciales des États-Unis depuis le 1er janvier 2020, une décision qui faisait suite à une revue basée sur les critères de respect des droits de l’homme. Actuellement, l’Office du Représentant au Commerce des États-Unis (USTR) maintient le pays sur la liste des pays non éligibles.
Le ministre Mbarga Atangana a précisé que le Cameroun ne demande pas seulement un retour au programme, mais une assistance technique ciblée pour financer la production nationale, la transformation locale des produits et l’augmentation des exportations. Les enjeux financiers sont de taille : en 2025, les échanges de marchandises entre le Cameroun et les États-Unis s’élevaient à 457,1 millions de dollars, avec un excédent commercial en faveur du Cameroun de 118,4 millions de dollars, selon les données de l’USTR.
Sources
Crédit image : businessincameroon







