Un financement massif en PPP
Le 19 août 2026, le Conseil exécutif fédéral a approuvé un financement de 438 milliards de nairas, soit 325 millions de dollars, pour des projets de construction, de réhabilitation et d’entretien routier. Selon le ministre d’État aux Travaux publics, Bello Muhammad Goronyo, ces fonds seront mobilisés via des modèles de partenariat public‑privé (PPP) afin de limiter la pression sur les finances publiques tout en accélérant la modernisation du réseau routier nigérian.
Les projets couvrent notamment la réalisation d’autoroutes et de parcs de stationnement, ainsi que la mise en place de mécanismes permettant aux entreprises privées de préfinancer les travaux en échange de crédits d’impôt. Cette approche s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de diversifier les sources de financement des infrastructures.
Concessions routières de 610 bn naira
Parallèlement, BusinessDay rapporte que le pays a approuvé 610 milliards de nairas de concessions routières, un montant qui dépasse de 172 milliards le financement PPP annoncé précédemment. Cette somme est destinée à soutenir un large éventail de projets routiers, allant de la construction de nouvelles routes à la réhabilitation de celles existantes.
Les deux chiffres illustrent la volonté du Nigeria d’augmenter substantiellement ses investissements routiers, tout en mobilisant le secteur privé pour combler le déficit chronique d’infrastructures. Le contraste entre les montants PPP et les concessions totales reflète la complémentarité des mécanismes de financement mis en place.
Mécanismes d’incitation et rôle du secteur privé
Le gouvernement a mis en place un cadre d’incitation fiscale, permettant aux entreprises privées de bénéficier de réductions d’impôt en échange de leur participation aux projets routiers. Des groupes majeurs comme Dangote et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd) ont déjà été attribués plusieurs contrats, soulignant l’attractivité du marché pour les investisseurs locaux.
Cette stratégie vise à attirer des capitaux privés, réduire le déficit budgétaire et accélérer la mise en œuvre des projets. Les PPP offrent également une expertise technique et une gestion plus efficace, contribuant à la durabilité des infrastructures.
Enjeux économiques et climatiques
Selon la Banque mondiale, environ 80 % du réseau routier nigérian était en mauvais état en 2024, ce qui augmente les coûts de transport et freine la compétitivité économique. Le sous‑investissement chronique, combiné aux effets du changement climatique – hausse des températures et intensification des précipitations – accélère la dégradation des routes.
En améliorant le réseau routier, le Nigeria espère réduire les coûts logistiques, stimuler le commerce intra‑africain et soutenir la croissance économique. Les projets PPP et les concessions privées constituent un levier majeur pour atteindre ces objectifs tout en préservant les finances publiques.
Sources
Crédit image : Agence Ecofin







