Un partenariat public‑privé de 16 ans pour la souveraineté énergétique
Le 15 août, le Niger a signé un accord de 16 ans avec le groupe canadien Zimar Inc. pour la construction d’une raffinerie de 100 000 barils par jour à Dosso, dans le sud‑ouest du pays. Selon le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, l’opération s’inscrit dans un modèle BOT (Build‑Operate‑Transfer) : trois ans de travaux, suivis de treize ans d’exploitation par Zimar avant le transfert complet à l’État nigérien.
Ce montage, détaillé par le chef de la diplomatie nigérienne, vise à attirer un investisseur privé tout en garantissant un contrôle public à long terme. Le projet, évalué à 1,9 milliard $ (environ 1,8 milliard €), est censé répondre aux pénuries récurrentes de carburants qui ont touché le pays depuis 2021, lorsque la capacité de la seule raffinerie existante a été dépassée.
Un calendrier serré et des exigences techniques strictes
Le 16 août, le président‑directeur général de Zimar, Benjamin Day Marc, a confirmé que la construction devait être achevée en trois ans, avec une phase d’exploitation de treize ans. Le groupe a également annoncé qu’il devait finaliser le financement détaillé et l’ingénierie dans les quatre mois suivant la signature, avant de mobiliser les ressources financières nécessaires.
Le projet a subi un changement de conception en juin 2026, passant d’une raffinerie modulaire à une unité classique, jugée plus pérenne. Cette décision, prise après des critiques de la diaspora nigérienne et d’associations anti‑corruption, souligne la volonté du gouvernement de garantir la robustesse technique et la conformité aux normes internationales.
Un impact stratégique pour le Sahel
Avec une capacité de 100 000 barils/jour, la raffinerie de Dosso serait l’une des plus grandes d’Afrique de l’Ouest. Elle permettrait au Niger de réduire sa dépendance aux importations de carburants, d’améliorer la stabilité des prix et de renforcer sa position au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Le projet s’inscrit également dans la logique de diversification de l’économie nigérienne, qui a déjà commencé à exporter son pétrole brut depuis 2023 via un pipeline de 2 000 km menant au port béninois de Sème. La nouvelle raffinerie complèterait cette chaîne de valeur, créant des emplois et stimulant les industries pétrochimiques locales.
Perspectives et défis à venir
Le succès du projet dépendra de la capacité de Zimar à respecter les délais de financement et de construction, ainsi que de la gestion des risques liés aux fluctuations des prix du pétrole. Le gouvernement nigérien devra également assurer un suivi rigoureux pour éviter les retards et garantir la transparence du processus.
Si la raffinerie se concrétise, elle marquera une étape majeure dans la quête de souveraineté énergétique du Niger et pourrait servir de modèle pour d’autres pays sahéliens confrontés à des défis similaires.
Sources
Crédit image : Agence Ecofin







