Cameroon réduit son facture d’importation de céréales de 14 % en 2025 grâce à la hausse des droits de douane et à la production locale

En 2025, le Cameroun a réduit son importation de céréales de 14 % grâce à une hausse des droits de douane sur le riz et à une production intérieure accrue, mais les risques de pression sur les prix des agriculteurs restent élevés.

Réduction spectaculaire de la facture d’importation de céréales

En 2025, le Cameroun a réduit son importation de céréales de 14,1 % par rapport à 2024, passant de 466,9 billion CFA à 404,5 billion CFA, selon les données officielles de commerce extérieur. Cette baisse a contribué à faire chuter la facture globale des produits à base de plantes de 12,5 % pour atteindre 546 billion CFA, soit 10,4 % du total des importations de l’année.

Facteurs principaux : droits de douane et production locale

Hausse des droits de douane sur le riz

Le National Institute of Statistics (INS) a indiqué que la hausse de 5 % des droits de douane sur le riz ordinaire et de 20 % sur le riz premium a rendu les importations de riz plus coûteuses. Cette mesure, mise en place pour soutenir la production nationale, a entraîné une baisse de 15,6 % du chiffre d’affaires des importations de riz, qui représentait 5,1 % de la dépense totale en importations.

Cette mesure, mise en place pour soutenir la production nationale, a entraîné une baisse de 15,6 % du chiffre d’affaires des importations de riz

Expansion des surfaces cultivées depuis 2024

Depuis 2024, le Cameroun a élargi les surfaces consacrées à la culture du riz, ce qui a permis d’augmenter la production intérieure. Selon l’INS, cette expansion a contribué à réduire la dépendance aux importations, bien que la croissance de la production ne soit pas encore suffisante pour compenser totalement la baisse des importations.

Impact sur le marché intérieur et les exportations vers le Nigeria

Changements dans le commerce informel avec le Nigeria

Les données de l’INS soulignent que la réduction des exportations informelles vers le Nigeria, due à des restrictions d’importation, à la dépréciation de la naira et aux mesures de soutien à la production locale nigériane, a laissé davantage de riz et de maïs sur le marché camerounais. Cette situation a temporairement réduit la nécessité d’importer ces céréales.

Pression potentielle sur les prix des agriculteurs

Malgré la baisse des importations, l’INS avertit que la hausse de l’offre locale combinée à une demande réduite, notamment en provenance du Nigeria, pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix que reçoivent les agriculteurs. Les petits producteurs risquent de voir leurs revenus diminuer, ce qui pourrait limiter leur capacité à acheter d’autres denrées alimentaires.

Perspectives et risques pour la sécurité alimentaire

La réduction de 17 % de la facture d’importation de produits alimentaires, comme le rapport de Business in Cameroon le 13 août 2026, montre un progrès vers la substitution des importations. Cependant, les autorités mettent en garde contre la fragilité de cette amélioration, soulignant que la reprise des échanges avec le Nigeria ou une baisse de la production intérieure pourrait rapidement inverser la tendance, créant ainsi des pressions sur la disponibilité et les prix des denrées alimentaires.

Sources

Crédit image : businessincameroon

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