Les défis persistants des projets miniers camerounais

Les échecs des appels internationaux à manifestation d’intérêt ont conduit la Sonamines à revoir sa stratégie de sélection de partenaires pour les gisements de rutile et de cobalt-manganèse au Cameroun.

Les échecs des appels internationaux à manifestation d’intérêt

La Société nationale des mines (Sonamines) a annoncé, le 18 août 2026, l’échec des appels internationaux à manifestation d’intérêt (AIMI) lancés début 2026 pour la finalisation des travaux et la mise en exploitation des gisements stratégiques du Cameroun. Ces appels visaient notamment le bloc rutilifère d’Akonolinga, situé dans la région du Centre, ainsi que le gisement polymétallique de Lomié-Nkamouna, dans la région de l’Est.

Selon un communiqué signé par Serge Hervé Boyogueno, directeur général de la Sonamines, la procédure de présélection a été déclarée « infructueuse, aucune candidature n’ayant satisfait aux critères de sélection ». Cette situation entraîne un allongement du calendrier de mise en valeur de ces actifs, déjà marqués par des retards historiques.

la procédure de présélection a été déclarée « infructueuse, aucune candidature n'ayant satisfait aux critères de sélection »

L’un des dossiers analysés par EcoMatin confirme que les tentatives de relance des projets de rutile et de cobalt-manganèse se sont enlisées, poussant la Sonamines à réviser le mécanisme de sélection d’un potentiel partenaire technico-financier.

Sonamines ouvre les portes des négociations directes

Face à cet échec, la Sonamines a ouvert les portes à des négociations directes avec tout investisseur disposant d’une expertise éprouvée et des capacités techniques et financières requises, conformément au Code minier et aux normes internationales. Cette démarche marque un changement de stratégie après deux années d’attente sans résultat concret.

Cette ouverture s’inscrit dans un contexte où les deux projets restent au stade de préfaisabilité ou de mise en œuvre retardée. Le gisement d’Akonolinga, situé dans la région du Centre, est estimé à environ un million de tonnes de rutile à haute teneur, tandis que Lomié-Nkamouna recèle environ 68 millions de tonnes de minerai (0,26 % de cobalt, 0,66 % de nickel et 1,48 % de manganèse).

Ces deux projets sont jugés stratégiques pour la diversification de l’économie camerounaise vers les minéraux de la transition énergétique et la recherche de relais de croissance post-pétrole.

Deux gisements stratégiques bloqués par l’absence de partenaires qualifiés

Les analyses détaillées par EcoMatin soulignent que les tentatives de relance des projets de rutile et de cobalt-manganèse se sont avortées, faute de partenaires « qualifiés ». La société publique indique être désormais « ouverte aux négociations » de gré à gré avec tout investisseur possédant une expertise éprouvée et les capacités techniques et financières nécessaires.

Le processus de sélection initial exigeait au moins 15 ans d’expérience dans le secteur extractif et un chiffre d’affaires annuel minimum de 150 millions de dollars sur les cinq dernières années, conditions que aucun candidat n’a pu remplir selon les communiqués de la Sonamines.

Critères sélectifs et exigences minimales non remplies

Les critères fixés par la Sonamines pour les appels internationaux à manifestation d’intérêt étaient rigoureux : une expérience minimale de 15 ans dans le secteur extractif et un chiffre d’affaires annuel de 150 millions de dollars sur cinq années consécutives. Aucun soumissionnaire n’a réussi à satisfaire simultanément à ces deux exigences, selon les sources proches du dossier cité par EcoMatin.

Cette situation reflète un défi structurel plus large dans le secteur minier camerounais, où les projets stratégiques pour la transition énergétique peinent à trouver des partenaires capables de répondre aux exigences de financement et de gestion. Les deux gisements mentionnés – Lomié-Nkamouna et Akonolinga – constituent des piliers potentiels pour l’exportation de minéraux critiques, mais leur mise en valeur reste conditionnée à la capacité de trouver des investisseurs prêts à prendre des risques sur des projets à long terme.

Sources

Crédit image : businessincameroon

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