Le Kenya franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance forestière. Le Kenya Forest Service (KFS) a officialisé un partenariat stratégique avec la Kenya Space Agency (KSA) pour intégrer les technologies spatiales et les données d’observation de la Terre au cœur du suivi de la couverture forestière nationale, selon les annonces concordantes d’Ecofin, de Capital FM et d’Archynewsy. Cette collaboration, scellée lors d’une rencontre entre le Conservateur en chef des forêts Alex Lemarkoko et le Directeur général de la KSA Hillary Kipkosgei, vise à doter le pays d’outils de mesure précis pour évaluer l’avancement de son ambitieux programme national de plantation de 15 milliards d’arbres d’ici 2032.
Un partenariat stratégique pour la surveillance forestière
D’après Capital FM, l’accord porte sur le renforcement de l’Évaluation nationale des ressources forestières (National Forest Resources Assessment) grâce à l’imagerie satellite, aux systèmes d’information géographique (SIG) et à la télédétection. Ces technologies permettront de suivre en temps quasi réel l’évolution de la couverture forestière, de cartographier les zones de restauration prioritaires et de vérifier si les efforts de reboisement se traduisent par une augmentation durable de la surface boisée. Selon Archynewsy, la coopération couvre également la détection des feux de forêt, le suivi des changements d’affectation des sols et la distinction entre types de peuplements : forêts naturelles, plantations, bambousaies et mangroves.
Pour le KFS, l’apport de l’observation spatiale répond à un double impératif : améliorer la prise de décision fondée sur des données probantes et combler les lacunes informationnelles qui entravent la gestion durable des écosystèmes forestiers, note Ecofin. L’agence spatiale kényane met ainsi ses capacités nationales au service de la protection environnementale, illustrant une coopération inter-institutionnelle que les trois sources qualifient de modèle pour le déploiement de ressources technologiques souveraines.
Technologies spatiales et Google Earth Engine au service des forêts
Au-delà de la mise à disposition d’images satellitaires, les deux agences lancent un projet de recherche conjoint hébergé sur la plateforme Google Earth Engine, révèle Archynewsy. Des officiers techniques spécialisés en SIG et télédétection ont été désignés de part et d’autre pour co-développer des produits de gestion des ressources naturelles. Cette architecture technique permet le traitement massif de données spatiales et l’automatisation d’indicateurs de santé forestière, de déforestation et de régénération.
Le volet capacitaire est assuré par Earth Observation Data Science, qui dispense une formation spécialisée aux équipes techniques, précisent nos confrères. Le financement de cette composante technique bénéficie du soutien du Group on Earth Observations (GEO) et de Google, ce qui garantit l’accès aux ressources cloud et aux algorithmes de pointe sans dépendre exclusivement du budget national. Selon Capital FM, l’intégration de ces flux de données dans les systèmes d’information du KFS doit permettre un reporting plus fréquent et plus granulaire sur l’état des forêts.
L’objectif des 15 milliards d’arbres et le déficit de couverture forestière
Ce dispositif technologique s’inscrit dans la feuille de route présidentielle du « 15 Billion Tree Growing Programme », dont l’horizon 2032 vise une couverture arborée nationale de 30 %, rapporte Capital FM. Pourtant, le diagnostic actuel reste préoccupant : d’après les chiffres officiels cités par Archynewsy lors du lancement du Plan stratégique 2020-2025 de la KSA, la couverture forestière du Kenya s’établit à 7,2 %, bien en deçà de l’objectif constitutionnel de 10 %.
Pour atteindre ce seuil minimal, le pays doit produire et planter 1,8 milliard de plants, un effort estimé à au moins 48 milliards de shillings kényans (environ 370 millions USD), selon les mêmes sources. L’outil spatial devient dès lors un levier de reddition de comptes :Il
Sources
Crédit image : Capital FM







